Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - 14 MARS 2005
PASSAGE 44
18H30
IT'ALREADY YESTERDAY
SCREENPLAY: Giulio Manfredonia
CAST: Antonio Albanese, Goya Toledo, Fabio De Luigi, Asunción Balaguer, Pepón Nieto, Beatriz Rico, Esther Ortega,
Producer: Marco Chimenz & Giovanni Stabilini
PRODUCTION DESIGNER: Juan Carlos Suarez Bodelon
MUSIC: Aldo De Scalzi & Mario De Benito
PHOTO: Roberto Forza
VERSION: O., Bil. ST
COUNTRY: Italy / Spain / U.K.
YEAR: 2004
Running time: 85
FORMAT: 35mm
Présentateur d’une célèbre émission animalière de la télé italienne, Filippo ne sait rien faire d’autre que traiter ses collègues comme des chiens et draguer la moindre poulette qui lui passe sous les yeux. Il est envoyé, avec son fidèle caméraman – certes gentil, mais néanmoins un peu pigeon – sur les Iles Canaries pour réaliser un reportage sur une étrange modification du flux migratoire des cigognes. Là, il rencontre Rita, une biologiste farouche comme une tigresse qui affiche d’emblée son mépris envers Filippo. Coincé sur l’île par une tempête, entre un fan qui le colle comme une sangsue, une vieille chouette qui ne pense qu’à lui faire goûter ses pâtisseries et une bécasse nymphomane, Filippo se sent fait comme un rat jusqu’au lendemain. Sauf que, de lendemain, il n’y en aura pas : à son réveil, Filippo se rend compte que c’est la même journée qu’il revit, jour après jour.
A ceux qui crient déjà à l’hérésie, je dis : stop ! Certes, Giulio Manfredonia a touché à l’intouchable, s’est attaqué à l’inattaquable, au Saint des Saints : It’s Already Yesterday est bien le remake de Un jour sans fin, le chef d’œuvre de Harold Ramis. Mais le réalisateur traite son sujet avec une telle humilité, ne tentant pas d’imposer un point de vue nouveau sur un scénario presque parfait, qu’on se laisse prendre avec plaisir à cette adaptation sous le soleil. Et force est d’avouer qu’on se laisse reprendre au jeu, à la petite musique de cette comédie fantastique à l’efficacité implacable.
20H30
R-POINT
SCREENPLAY: Su-chang Kong & Young-woo Pil
CAST: Woo-sung Kahm, Byung-ho Sohn, Tae-kyung Oh, Won-sang Park, Sun-kyun Lee, Byung-chul Kim, Kyung-ho Jung, Jin-ho Sohn,
Producer: Kang-hyuk Choi
EXECUTIVE PRODUCER: Yoon-hyun Chang
PHOTO: Hyung-jing Seok
COSTUME: Cha-nam Choi
MAKE-UP: Na-young Choi & Chang-man Lee
ART DIRECTOR: Soo-min Hah
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: South Korea
YEAR: 2004
Running time: 106
FORMAT: 35mm
Ils ont beau nous le tartiner à longueur de fictions auto-flagellantes, les Américains ne sont pourtant pas les seuls à s’être pris les pieds dans le tapis de bombes vietnamien. Les Coréens ont eux aussi envoyé un lourd contingent au pays du nem. Fin 1972, alors qu’elle s’apprête elle aussi à rentrer chez elle, la queue entre les jambes, l’armée coréenne envoie Tae-in Choi sur le terrain avec un peloton d’éclaireurs. Depuis quelque temps, l’Etat-major reçoit en effet des messages radio de soldats déclarés morts quelque 6 mois plus tôt ; ce qui le décide de lancer une mission de sauvetage avant la fin des combats. A peine arrivés sur le point d’extraction, les soldats de Choi meurent un à un, dans des conditions étrangement similaires à celle des soldats qu’ils venaient rechercher.
Scénariste de quelques jolis succès du cinéma coréen (White Badge, Tell me Something et le remake de Ring), Su-chang Kong s’est vu offrir de gros moyens pour sa première réalisation. Il faut dire qu’avec un scénario ciselé comme de la dentelle de Bruges, le film de Kong s’offrait de solides assurances, pleinement concrétisées à l’écran : R-Point est un film qui mêle l’horreur psychologique et viscérale, et qui multiplie les moments de tension qui ont le bon goût de s’éloigner des clichés de l’horreur asiatique.
22H30
SOUNDLESS
SCREENPLAY: Lars-Olav Beier based upon : an idea by Mennan Yapo
CAST: Joachim Krol, Nadja Uhl, Christian Berkel, Lisa Martinek, Rudolf Martin, Peter Fitz, Gertraud Jesserer, Mehmet Kurtulus,
Producer: Stefan Arndt & Tom Tykwer
PRODUCTION DESIGNER: Simon-Julien Boucherie
EXECUTIVE PRODUCER: René Richter & Alexendra R. Stigler
MUSIC: Gary Marlowe & Ben Mono
PHOTO: Torsten Lippstock
COSTUME: Katharina Ost
MAKE-UP: Michele Timana
SET: Simon Boucherie
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Germany
YEAR: 2004
Running time: 96
FORMAT: 35mm
Au prix d’une discipline de fer et d’un entraînement draconien, Viktor est capable de contrôler tous – oui, tous ! – les muscles de son corps et de rester des heures sans faire le moindre bruit. Ce qui fait de lui le plus redoutable et le plus recherché des tueurs à gages. Alors qu’il est en train de terminer un contrat, au nez et à la barbe des flics, Viktor tombe sur un os. Ou plutôt tout un tas, emballés dans un paquet de chair qui répond au doux nom de Nina. Et Nina, bien qu’endormie dans le lit où le tueur vient d’éliminer sa cible, arrive à toucher le seul muscle dont Viktor n’a pas une maîtrise totale : son cœur.
Il y a encore quelques années de cela, on n’aurait pas donné bien cher du cinéma de genre allemand. Mais, sous l’impulsion des locomotives Tom Tykwer (Cours, Lola, Cours et Heaven) et Wolfgang Becker (Goodbye Lenin !), et de leur maison de production X Filme Creative Pool, le cinéma de nos grands voisins s’est affranchi de ses inhibitions. Se basant sur de solides scénarios et un savoir-faire technique tout aussi solide, une nouvelle génération de réalisateurs est apparue, conjuguant succès populaires et critiques. Le film de Mennan Yapo fait clairement partie de cette veine où l’indéniable efficacité de l’intrigue n’empêche pas de pointer l’émergence d’un talent déjà très sûr de lui.
NOVA
20H30
SUPERNOVA
SCREENPLAY: Pierre Vinour & Pascal Mieszala
CAST: Philippe Nahon, Catherine Wilkening, Clément Sibony, Marie-Anne Mestre, Jacques Serres,
Producer: Pierre Vinour
MUSIC: Cyrille Dufay
PHOTO: Eric Weber
MAKE-UP: Pierre Vinour
VERSION: O., Eng. ST
COUNTRY: France
YEAR: 2003
Running time: 89
FORMAT: 35mm
Au bout de sa dépression, au bord du suicide et à mi-chemin de son village natal, Simon Peyrelevade, Garde des Sceaux démissionnaire, s’arrête en route pour observer une pluie de poussières d’étoiles. A peine a-t-il fait trois pas hors de sa voiture qu’il se prend une météorite sur le coin du crâne qui l’envoie dans un coma profond. A sa sortie de l’hôpital, Peyrelevade ne pense plus qu’à une chose : retrouver sa maison familiale, renouer avec ses racines trop longtemps enfouies sous les intrigues de cabinets et les responsabilités ministérielles. Ce que ne comprennent ni sa famille, ni ses ex-collègues, ni la presse à qui il donne des interviews dignes du Dalaï-Lama.
Si le film de Pierre Vinour est sous-titré expérience #1, ce n’est clairement pas par snobisme déplacé. Issu du cinéma expérimental, le cinéaste cède ici un minimum à la tentation narrative et se sert de faits-divers politiques français de ces 10 dernières années pour proposer une réflexion sur la vie, la mort et le pouvoir. Tellurique et mystique, voire même mythologique, le long-métrage de Vinour transforme le moindre ruisseau en Styx, la moindre vache en dieu égyptien, témoin patient des actes des hommes, et filme l’excellent Philippe Nahon comme un arbre immémorial reprenant racine dans sa terre. Une œuvre maîtresse d’un cinéaste déjà considéré comme un David Lynch rural.
22H30
KAMIKAZE GIRLS