Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - 24 MARS 2005
AUDITORIUM 44
18H30
P
SCREENPLAY:
CAST: Suangporn Jaturaphut,
Producer: Narongsak Vorrarutchaikul & Panupong Dangdej
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Thailand
YEAR: 2004
Running time: 105
FORMAT: 35mm
Enfant, alors qu’elle grandit dans la campagne thaï, la petite Dau est éduquée à la magie ancestrale par sa grand-mère. Quelques années plus tard, cette dernière étant tombée malade, elle se retrouve, le string farci de dollars, à se dandiner autour du poteau d’un go-go bar de Bangkok dans l’espoir d’amasser assez d’argent pour soigner son aïeule. Histoire d’accélérer le mouvement, Dau se résout à utiliser ses pouvoirs magiques sur les clients du bar qui, du coup, essorent leur Carte Bleue pour s’acheter les services de la jeune femme. Forcément, ses collègues voient d’un assez mauvais œil la concurrence de la nouvelle venue et les coups de boule ont tendance à se perdre. Qui plus est, les esprits que Dau sollicite à longueur de nuit ne font pas vraiment dans le style ONG et s’apprêtent à lui envoyer une facture qui n’aura pas volé son surnom de douloureuse.
A plus d’un titre, P fait figure d’exception dans la production thaïe. Certes, il entre dans la catégorie – à succès – du film de fantôme, mais le réalisateur s’en sert pour décrire l’un des aspects les plus sombres du pays : l’industrie du sexe et l’exploitation des femmes. Dans un pays où la censure reste très puissante, pareil sujet proscrit automatiquement le film de toute autorisation gouvernementale. Ainsi, bien que réalisé avec des moyens techniques importants, le film de Paul Spurrier a été tourné avec des acteurs amateurs, des techniciens travaillant au noir et sous la menace des exploitants de go-go bars
20H30
RIDING THE BULLET
SCREENPLAY: Mick Garris based upon : Stephen King's first e-book
CAST: Jonathan Jackson, Erika Christensen, David Arquette, Barbara Hershey, Cliff Robertson, Nicky Katt,
Producer: Greg Malcolm, Vicki Sotheran, Mick Garris, Joel T. Smith, & David Lancaster
PRODUCTION DESIGNER: Andrew Deskin
EXECUTIVE PRODUCER: Stephen King, Brad krevoy, Frank Hubner, Jorg Westerkamp & Jan Fantl
MUSIC: Nicholas Pike
PHOTO: Robert C. New
SPECIAL FX: Howard Berger & Paul Cox
MAKE-UP: Knb Efx Group
ART DIRECTOR: Kristina Lyne
VERSION: Eng., Bil. ST
COUNTRY: Canada, Germany & U.S.A.
YEAR: 2004
Running time: 98
FORMAT: 35mm
A l’annonce de l’hospitalisation de sa mère, Allan accourt à l’aide du seul moyen de locomotion à sa disposition : son pouce. Et si sa mère n’était pas en train de pousser ses derniers râles dans un lit d’hôpital, elle lui aurait dit qu’aller faire du stop sur les routes désertes, ah non, ça, il faut pas. Effectivement, ça ne rate pas : Allan se fait embarquer par le ténébreux George Staub. A la place du mort, cela va sans dire.
Cela fait une bonne dizaine d’année que Mick Garris approvisionne nos petits écrans d’adaptations de romans de Stephen King : Sleepwalkers (1992) c’est lui, The Stand (1994) encore lui, The Shining (1997) toujours lui. Bref, quand l’homme du Maine annonce que cette adaptation de son premier roman publié sur le net est « le meilleur film indépendant tiré d’un de mes livres depuis Stand by Me », on a tendance à se dire que ça sent la petite phrase promotionnelle. Et pourtant… Avec son casting assez improbable (David Arquette, le Dewey des Scream, y incarne le maléfique George Staub), Riding the Bullet arrive à restituer à merveille la mélancolie présente dans la nouvelle de l’auteur de Ca.
22H30
MAREBITO
SCREENPLAY: Chiaki Konaka
CAST: Shinya Tsukamoto, Tomomi Miyashita, Kazuhiro Nakahara, Miho Ninagawa, Shun Sugata,
Producer: Kenzo Horikoshi, Mikihiko Hirata, Yoichiro Onishi & Atsuko Ohno
PRODUCTION DESIGNER: Atsuo Hirai
MUSIC: Toshiyuki Takine
PHOTO: Tsukasa Tanabe
COSTUME: Kuniko Hojo
MAKE-UP: Sachie Munemura
SET: Takashi Sasaki
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Japan
YEAR: 2004
Running time: 94
FORMAT: 35mm
Pour Masuoka, une journée sans filmer est une journée perdue. Dès qu’il se retrouve en rue, il ne peut s’empêcher de sortir son objectif et de donner du zoom, avant de se taper les bandes, une fois rentré chez lui. Le truc de Masuoka, son trip perso, c’est la terreur : comment elle déforme les visages, comment elle se répand, où elle trouve son origine. Au cours de ses recherches, Masuoka découvre que Tokyo est construit sur un monde souterrain secret, peuplé de clochards et de robots assoiffés de sang : les Dero. C’est là aussi qu’il découvre une jeune fille enchaînée, nue, exsangue et muette. Il la ramène chez lui et essaie de la reconnecter au monde des vivants. Mais si c’était lui qui, petit à petit, s’éloignait de la normalité ?
Avant de partir à Hollywood pour y tourner, dans la soie et le stupre, le remake de son The Grudge, Takashi Shimizu a pris le temps de tourner ce petit film en digital. Mais si Marebito n’a pas les moyens de son cadet direct, le film n’en aura pas moins, à n’en pas douter, une place de choix dans l’œuvre du nouveau maître de l’horreur nippone. Au fur et à mesure que les personnages se révèlent, Marebito prend une dimension paradoxale : gore psychologique ou drame familial d’horreur, c’est selon.
OOH30
IZO
SCREENPLAY: Shigenori Takechi
CAST: Kazuya Nakayama, Ryosuke Miki, Kenichi Endo, Susumu Terajima, Hiroyuki Nagato, Kaori Momoi, Ryuhei Matsuda, Yuya Ochida,
Producer: Taizo Fukumaki, Fujio Matsushima & Kazuyoshi Okuyama
MUSIC: Koji Endo
PHOTO: Nobuyuki Fukazawa
SPECIAL FX: Misako Saka
SET: Toshiyuki Matsumiya
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Japan
YEAR: 2004
Running time: 128
FORMAT: 35mm
Si, un jour, les Shogun ont disparu de la surface du Japon, Izo y est pour beaucoup, lui dont le passe-temps favori était de s’en faire des brochettes à la pointe de son sabre. Mais, alors qu’il est en train de transformer l’un des derniers repaires shogun en abattoir industriel, Izo se fait capturer et crucifier sans la moindre protestation de la part d’Amnesty International. Sous le coup de la fureur, son esprit est propulsé dans l’espace-temps et atterrit de nos jours, dans un nouveau corps qu’il transforme en véritable machine à tuer. Sa cible : les descendants des shoguns, qui ont entre-temps pris tous les postes de pouvoir. Bref, ça va saigner sous les lambris.
Pour Takashi Miike, l’heure de la reconnaissance a bel et bien sonné. Reçu dans les plus grands festivals (Cannes pour Gozu, Venise pour Izo), courtisé par les studios, pour qui il a tourné One Missed Call et Zebraman, Miike jouit aujourd’hui de gros moyens et d’une pression accrue sur ses projets. Avec Izo, il se lance dans le genre à la mode du film de sabres et, s’il garde son style fait de sang et de fureur et ne crache jamais sur une provocation ou une image-choc, il se fend cette fois d’une réflexion sur la futilité de la violence, le meurtre et la guerre. Et ça, chez Miike, c’est nouveau.
NOVA
18H30
INNOCENCE
20H30
HOTEL
SCREENPLAY: Jessica Hausner
CAST: Peter Strauss,Birgit Minichmayr, Marlene Streeruwitz, Rosa Waissnix, Christopher Schärf, Regina Fritsch, Alfred Worel,
Producer: Antonin Svoboda, Philippe Bober, Martin Gschlacht & Susanne Marian
PRODUCTION DESIGNER: Katharina Wöppermann
EXECUTIVE PRODUCER: Bruno Wagner
MUSIC: Frieder Gloeckner
PHOTO: Martin Gschlacht
COSTUME: Tanja Hausner
MAKE-UP: Silvia Pernegger
SET: Katharina Wöppermann
VERSION: O., Eng. ST
COUNTRY: Austria & Germany
YEAR: 2004
Running time: 80
FORMAT: 35mm
Elle n’en a pas l’air comme ça, à première vue, mais Irène est une jeune femme heureuse. Elle vient enfin de trouver son premier job, comme réceptionniste dans un hôtel de luxe des Alpes autrichiennes. Certes, le bâtiment est tellement perdu au fond d’une forêt qu’on en arrive à se demander comment des clients arrivent jusqu’au comptoir. Certes, ses nouveaux collègues sont aussi chaleureux qu’un retraité du KGB et son patron respire autant la joie de vivre qu’un fossoyeur dépressif, mais Irène n’y trouve vraiment pas de quoi se plaindre. Pourtant, quand elle arrive enfin à soutirer une phrase à l’une des employées, c’est pour apprendre que la fille qu’elle remplace a disparu sans laisser de trace. Et si ces couloirs qui ne semblent mener nulle part, si cette forêt inextricable peuplée de loups invisibles étaient la cause de cette disparition ? Et si Irène était la prochaine victime ?
En général, quand un auteur un tant soit peu installé se décide à s’intéresser à cette chose ingrate qu’est l’horreur, il lui faut se recoltiner les bases, celles des peurs enfantines. La cinéaste autrichienne Jessica Hausner ne déroge pas à cette règle et base son film sur les peurs primales : le noir, la solitude, l’inconnu. Travaillant sur un scénario dépouillé et plutôt taiseux (le travail sur le son, lui, est très élaboré), Hausner mise tout sur une mise en scène au cordeau et une lumière magnifique, tout en clair-obscur. Elle signe ainsi un film beau, languide et angoissant comme une nuit noire passée seul sous les draps.
22H30
THE SARAGOSSA MANUSCRIPT
SCREENPLAY: Tadeusz Kwiatkowski
CAST: Zbigniew Cybulski, Iga Cembrzynska, Elzbieta Czyzewska, Gustaw Holoubek, Stanislaw Igar, Joanna Jedryka, Janusz Klosinski, Bogumil Kobjela, ...,
Producer:
VERSION: VO st ang / OV eng ond
COUNTRY: Poland
YEAR: 1964
Running time: 175
FORMAT: 35 mm
Adapté du roman (écrit en français) par Jan Potocki - aristocrate et érudit polonais (1761-1815) dont l’existence est au moins aussi tarabiscotée que l’intrigue qui sert de base à son œuvre -, le film raconte les aventures d’un capitaine des Gardes Wallonnes, dans l’Espagne du 17e siècle, qui relèvent surtout de la littérature picaresque et de l’univers des mille et une nuits. Ravissantes mauresques, ermites, cabalistes, inquisiteurs, pendus agressifs, nobles dames, succubes, possédés et gitans entraînent le héros (et nous à sa suite) dans une intrigue échevelée où le temps lui-même perd son cours impassible. Tourné à une époque où Hollywood en pleine réorganisation paraissait moribond et où les responsables du cinéma polonais prenaient un peu trop naïvement au sérieux les théories de l’économie libérale, ce film somptueux rassemble, autour de Zbiegniew Cybulsky (le James Dean local), l’élite des acteurs nationaux