Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - 13 MARS 2005

Publié le par Laurent Derudder

PASSAGE 44

18H30

JENNIFER'S SHADOW

SCREENPLAY: Daniel De La Vega & Pablo Parés
CAST: Faye Dunaway, Gina Phillips, Nicolas Pauls, Duilio Marzio,
Producer: P.J. Pettiette & Claudie Viguerie
PRODUCTION DESIGNER: Marcelo Pont
MUSIC: Micha Liberman
PHOTO: Monty Rowan
COSTUME: Violeta Kandel
SPECIAL FX: Christian Gruaz


VERSION: Eng., Bil. ST
COUNTRY: Argentina / Germany
YEAR: 2004
Running time: 87
FORMAT: 35mm

Jennifer revient à Buenos Aires, qu’elle avait quitté dix ans plus tôt pour tenter une carrière d’actrice à Hollywood, mais surtout pour échapper à l’influence dévastatrice de sa grand-mère, Mary Hellen. Souvenirs qu’elle compte bien liquider en vendant la maison familiale dont elle vient d’hériter, suite à la mort de sa sœur jumelle. Sauf que Mary Hellen habite toujours les lieux, en compagnie de la tante Emma, qui commence elle aussi à dégager une certaine odeur de sapin. Dès la première nuit passée dans la villa, Jennifer est sujette à des cauchemars dans lesquels elle est dévorée par des corbeaux et, dès son réveil, elle sent que son état de santé se dégrade. Essayant de vendre au plus vite la maison, elle rencontre le Docteur Bardevil, qui lui fait comprendre que, si sa grand-mère entretient une étrange jeunesse, c’est loin d’être grâce à l’action bienfaitrice du Rétinol +.

La dernière fois que le nom de Pablo Pares est apparu sur nos tablettes, c’était aux commandes du délirant Zombie Plague, Mutant Zone (BIFFF 2003) qu’il cosignait avec ses copains de lycée. Réalisé en collaboration avec Daniel de la Vega, autre nom prometteur du cinéma fantastique argentin, Jennifer’s Shadow développe un fantastique sombre, claustrophobe, psychologique qui permet aux réalisateurs d’exploiter le potentiel gothique de la capitale de l’Argentine et donne ainsi au film une ambiance qui rappelle les nouvelles de Poe. A noter la présence au générique de Faye Dunaway et de Gina Philips (Jeepers Creepers).

20H30

TROUBLE

SCREENPLAY: Harry Cleven, Isabelle Coudrie, Sophie Hiet, Yann Le Nivet, Jerome Salle
CAST: Olivier Gourmet, Natacha Régnier, Benoît Magimel,
Producer: Rosanne Van Haesebrouck & Laurent Brochand
PRODUCTION DESIGNER: Hubert Pouille
MUSIC: Georges Van Dam


VERSION: O. Fr., Nl ST
COUNTRY: Belgium / France
YEAR: 2004
FORMAT: 35mm

Mis à part un rédhibitoire handicap patronymique, Matyas est un homme sans histoire. Littéralement, sans histoire. A l’âge de 6 ans, paf : crash de disque dur, sa mémoire « fading into zero », il se retrouve sans trop savoir pourquoi à croupir à la DDASS, sans le moindre pedigree. 20 ans plus tard, il coule des jours heureux avec sa femme, son fils et un deuxième enfant prêt à sortir du moule ; lorsqu’il reçoit une lettre d’un notaire qui lui apprend que, comme tout homme normalement constitué, Matyas a une mère et que celle-ci vient de mourir. Lors de la lecture du testament, Matyas rencontre Thomas, son frère jumeau, qui semble terriblement impatient de renouer les liens familiaux. Liens qui ne tarderont pas à avoir de méchants airs de nœud coulant pour Matyas !

L’un des ineffables plaisirs de programmeur de festival est de voir un réalisateur suivi avec intérêt confirmer les espoirs placés en lui. Après Abracadabra et le déjà très beau Pourquoi se marier le jour de la fin du monde ? (Bifff 2000), Harry Cleven transforme en effet l’essai avec ce superbe Trouble au casting impeccable : Natasha Régnier, Benoît Magimel et Olivier Gourmet. Récit de gémellité cauchemardesque, Trouble est une œuvre formellement étourdissante rappelant par certains aspects l’Argento de la grande époque. Le scénario (d’une grande maîtrise) en plus.

22H30

ARAHAN

SCREENPLAY: Hae-jun Lee & Hae-young Lee
CAST: Seung-bum Ryoo, Soy Yun, Sung-ki Ahn, Doo-hong Jung,
Producer: Mi-hee Kim
PRODUCTION DESIGNER: Geun-young Jang & Gyeong-hee Kim
MUSIC: Je-kwon Han
PHOTO: Joon-gyu Lee
SPECIAL FX: Jong-ik Kang & Seung-hyun Son
ART DIRECTOR: Geun-young Jang & Kyeong-hee Kim


VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: South Korea
YEAR: 2004
Running time: 116
FORMAT: 35mm

Sang-Hwan est un petit flic de quartier un rien bas du képi. Elevé au Banania et aux Power Rangers, il ne pense qu’à secourir les gentils et à arrêter les méchants qui font rien que menacer ces mêmes gentils. Sauf que, au moindre loubard ventru qui montre les dents, Sang-Hwan mouille ses chaussettes. Bref, il faut un bel effort d’imagination pour voir en lui un super-héros de BD. C’est pourtant lui que sept Sages ancestraux choisissent pour protéger le monde de la menace du peu accommodant HeugUn, ci-devant Maître du Mal Absolu. Car Sang-Hwan semble recéler un niveau assez exceptionnel de Ch’i. Encore faut-il le réveiller. Et le canaliser.

Avec le cadet devant la caméra et l’aîné derrière, les frères Ryoo signent ici leur deuxième collaboration, après Die Bad en 2000. Comédie d’arts martiaux à l’action cartoonesque, le film est une œuvre grand-public comme on n’arrive toujours pas à en faire sur le Vieux Continent, et de moins en moins bien en Amérique : virevoltante sans être épileptique, simple sans être crétine, rapide sans perdre son public en route. Du grand divertissement, qui n’a sûrement pas usurpé le Grand Prix acquis chez nos collègues du Festival de Puchon
.

00H30

DEADLY CARGO AKA CAMARA

SCREENPLAY: Pau Freixas & Hector Claramunt
CAST: Unax Ugalde, Silke, Mustafa Jawara, Adria Collado, Andrés Gertrudix, Diana Lazaro, Lluis Homar, Juan Fernandez,
Producer: Joan Bosch, Pedro Doménech & Luis De Val
PRODUCTION DESIGNER: Juan Bosch
EXECUTIVE PRODUCER: Pedro Doménech & Xavier Catafal
MUSIC: Rudy Gnutti & Manel Gil
PHOTO: Julian Elizalde
COSTUME: Nuria Anglada
MAKE-UP: Caitlin Acheson
ART DIRECTOR: Joan Sabaté


VERSION: O., Eng. & Bil. ST
COUNTRY: Spain
YEAR: 2003
Running time: 102
FORMAT: 35mm
En vacances au Sénégal, un groupe composé d’un couple, Victor et Thaïs, deux amateurs d’émotions fortes, Ivan et Edgar, et une photographe, Sara, se rencontrent au cours d’une séance de plongée sous-marine dans le grand large. Alors que quelques-uns sont partis draguer le mérou, ceux restés sur le bateau repêchent un corps, qui se révèle avoir été assassiné. Sous le coup de la panique, Victor tire une fusée de détresse dans le moteur du bateau et toute la bande se retrouve à flotter lamentablement au hasard sur l’océan. Repérant un cargo commercial à l’horizon, ils se croient sauvés. Mais à peine arrivent-ils à distance du bateau qu’ils découvrent que c’est son équipage qui s’amuse à balancer des corps par dessus bord ! Sans autre issue, le groupe tente de pénétrer clandestinement sur le bateau, espérant bien ne pas se faire repérer avant l’accostage. Y a pas à dire, c’est touchant, l’espoir.

Contrairement à la plupart des thrillers marins, tels Dead Calm ou le Visitors de l’année dernière, Deadly Cargo se concentre moins sur le sentiment d’isolement de sa situation que sur l’inquiétante étrangeté d’une communauté finalement méconnue, celle des hommes de la mer. Mettant ses personnages aux mains d’une bande d’individus au comportement totalement imprévisible et incontrôlable, Pau Freixas travaille une tension qui lui permet de découper la psychologie de ses héros, parmi lesquels on pointera la toujours délicieuse Silke (Tierra, Tuno Negro).

NOVA

18H30

HELLEVATOR

 

20H30

KAMIKAZE GIRLS

SCREENPLAY: Tetsuya Nakashima based upon : a novel by Novala Takemoto
CAST: Kyoko Fukada, Hiroyuki Miyasako, Anna Tsuchiya, Ryoko Shinohara, Kirin Kiki,
Producer: Yuji Ishida, Takashi Hirano & Satoru Ogura
EXECUTIVE PRODUCER: Yokichi Osato & Kunikatsu Kondo
MUSIC: Yoko Kanno
PHOTO: Shoichi Ato


VERSION: O., Eng. ST
COUNTRY: Japan
YEAR: 2004
Running time: 103
FORMAT: 35mm

Momoko est née avec un peu de retard sur le planning : en gros, 200 ans. Fille d’un Yakusa raté, chassé de la ville par sa hiérarchie, elle vit dans la campagne près d’Ibaraki. Mais Momoko, elle le sait bien, est issue de l’aristocratie française prérévolutionnaire et entretient un style vestimentaire idoine : quelque-part entre Marie Ingals et Mylène Farmer première période. Un été, elle rencontre celle qui deviendra son inséparable amie, Ichiko, chef des Ponytails, un gang de filles en scooters sur-kittés au look Madonna 80’s. Entre ces deux filles que tout semble opposer – l’une ne pensant qu’à entretenir sa garde-robe immaculée et l’autre multipliant les pains (dans la poire) comme le Christ – l’amitié se nouera pourtant autour du sentiment de ne pas appartenir au monde qui les entoure.

Adapté de Shimotsuma Story, un roman-culte de Novala Takemoto, Kamikaze Girls entretient une atmosphère kitsh, propre à la littérature nippone dédiée aux jeunes adolescentes. Comme pour son homologue masculin, plus cyberpunk et violent, cette littérature ne traite que d’une chose : ce sentiment d’inadaptation, d’aliénation totale au monde dans lequel les adultes veulent les faire entrer. Utilisant la forme, le montage syncopé et l’esthétique du manga, avec ses personnages caricaturés et outranciers, Kamikaze Girls est un film paradoxal : une vision survolée d’une jeunesse rongée par l’ennui.

22H30

THE DEVIL

SCREENPLAY: Andrzej Zulawski
CAST: Leszek Teleszynski, Wojciech Pszoniak, Malgorzata Braunek, Iga Mayr, Wiktor Sadecki, Michal Grudzinski, Monika Niemczyk,
Producer: Andrzej Wajda
PHOTO: Maciej Kijowski


VERSION: VO st fr / OV fr ond
COUNTRY: Pologne
YEAR: 1973
Running time: 119
FORMAT: 35 mm

Pendant un épisode de la guerre, Jacub, prisonnier politique, est libéré in extremis par un mystérieux espion prussien. Le jeune homme, accompagné d'une nonne, suit cet espion qui s'avère un guide fort experimenté (renseigné) par la spirale de la décadence qui ronge ses proches et son pays. Des images fortes psychiquement s'accumulent: père suicidé, sœur victime de l'inceste, mére prostituée et fiancé se mariant à un ami. Jacub au bord de l'aliénation ne sait plus repousser le couteau tendu par son guide noir. Tel un ange de la destruction, il veut libérer le monde du mal par un acte sanglant de purification, mais il n'est en réalité qu'une simple marionnette entre les mains du diable. Zulawski augmente l'effet d'oppression par un jeu d'acteur d'une extraordinaire intensité dramatique, lié à une camera en constant mouvement, dans un décor denudé par l'hiver et contrasté par la blancheur de la neige. Pour la petite histoire, le film bloqué par la censure du régime dut attendre 1988 pour sortir ; puis, rencontrant un mauvais accueil de la part de l'église, resta peu de semaines à l'affiche

 

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Publié dans CINEMA

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