Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - 19 MARS 2005

Publié le par Laurent Derudder

AUDITORIUM 44

18H30

NUIT NOIRE

SCREENPLAY: Olivier Smolders
CAST: Fabrice Rodriguez, Yves-Marine Gnahoua, Philippe Amaury Corbisier, Marie Lecomte, Raymond Pradel,
Producer: Michel De Kempeneer
MUSIC: Thierry De Halleux
PHOTO: Louis-Philippe Capelle
COSTUME: Vanessa Evrard
SPECIAL FX: Julien Ducenne
MAKE-UP: Anne Moralis
ART DIRECTOR: Olivier Smolders


VERSION: O. Fr., Nl. ST
COUNTRY: Belgium / Netherland
YEAR: 2004
Running time: 94
FORMAT: 35mm

Oscar, conservateur au Musée des Sciences Naturelles, passerait bien ses journées à exercer sa passion pour l’entomologie si seulement il y en avait encore, des journées. Depuis un temps immémorial, le soleil ne daigne distribuer quelques rayons rachitiques sur le monde que quinze secondes vers midi, le reste du temps étant plongé dans une nuit sans fin, dans une éclipse permanente. Rentrant chez lui après le travail, Oscar découvre dans son lit une Africaine qui, victime d’une mystérieuse et incurable maladie, semble venue là pour y mourir. Ca tombe bien, Oscar a toujours rêvé de pouvoir faire de l’entomologie de gros…

Attendu depuis des mois, si pas des années, sans qu’aucune information précise ne suinte, le premier long-métrage d’Olivier Smolders (Adoration, Seuls, Mort à Vignolle) ressemble exactement à ce mystère qui l’entourait : fantomatique, erratique, farouche, baignant en permanence dans des sortes d’insondables limbes situés quelque part entre l’horreur intérieure et la grâce. Il se dégage de Nuit Noire un sentiment de solitude sans fond que rien ne semble pouvoir guérir. Techniquement irréprochable (le film a été tourné en HD et jouit d’une lumière proprement magique, surréaliste), le film de Smolders paie certes son tribut au Eraserhead de David Lynch, mais trouve aussi sa voix personnelle où surnagent les échos de ce qu’on doit bien appeler la belgitude.

20H30

CREEP

SCREENPLAY: Christopher Smith
CAST: Vas Blackwood, Franka Potente, Sean Harris, Ken Campbell, Jeremy Sheffield,
Producer: Julie Baines & Jason Newmark
PRODUCTION DESIGNER: John Frankish
EXECUTIVE PRODUCER: Robert Jones
MUSIC: The Insects
PHOTO: Danny Cohen
COSTUME: Phoebe De Gave
SPECIAL FX: Hybrid Entreprises
MAKE-UP: Mike H.G. Bates


VERSION: Eng., Bil. ST
COUNTRY: U.K. / Germany
YEAR: 2004
Running time: 85
FORMAT: 35mm

S’il y a bien une chose qui énerve le plébéien, c’est de voir passer, impuissant, le dernier métro de sa ligne. C’est ce qui arrive à Kate qui se réveille, seule sur le quai, au son du train qui démarre. Certes, elle ne peut en vouloir qu’à elle-même : ayant passé le plus clair de sa soirée accrochée à tous les barmen du coin, elle s’est avachie sur la banquette du métro pour y cuver tranquille. Mais Kate a de la chance : un ultime métro, non répertorié sur les horaires, passe. Sauf que, au beau milieu du tunnel, le train s’arrête et les lumières s’éteignent. Kate comprendra alors très vite le vrai rôle de ce métro-fantôme : l’acheminement de viande humaine. Mais pour qui ?

Pour son premier long-métrage, Christopher Smith se fend d’un pur film de genre, ne cherchant pas à se démarquer par une originalité tombant immanquablement à plat. Ce qui l’intéresse, c’est la création d’une atmosphère, l’instillation d’une peur tenace, basique, qui nous agrippe les tripes pour ne plus les lâcher pendant les 85 minutes de projection. Cette efficacité-là, exempte de toute boursouflure, le rapproche d’un cinéaste comme Guillermo del Toro, et le place d’office dans la catégorie, rare et très recherchée dans ces parages, des serviteurs zélés du genre.

22H30

DO YOU LIKE HITCHCOCK

SCREENPLAY: Dario Argento & Franco Ferrini
CAST: Elio Germano, Chiara Conti, Ivan Morales, Elisabetta Rocchetti, Horacio Grigaitis,Elena Bellini, Giuseppe Lo Console,
Producer:
EXECUTIVE PRODUCER: Claudio Argento
MUSIC: Pino Donaggio
PHOTO: Frederic Fasano


VERSION: O. & Bil. ST
COUNTRY: Italy
YEAR: 2004
Running time: 95
FORMAT: Beta Sp

A la vidéothèque de son quartier, Giulio surprend deux jeunes femmes, Sasha et Federica, en train de discuter de L’inconnu du Nord Express, d’Hitchcock. Jeune et innocent, il ne se rend pas compte que les deux femmes se plaisent et s’échangent leurs numéros… Quelque temps plus tard, rentré chez lui, Giulio découvre, à travers le rideau déchiré, que Sasha habite l’appartement en face de chez lui et la surprend en pleine dispute avec sa mère. Le lendemain, il apprend que celle-ci est morte, assassinée. Mais Sasha a un grand alibi : elle n’était pas chez elle ce soir-là et la police ne lui met pas la main au collet. Pourtant, Giulio a des soupçons, et Sasha y tient la corde. Sans l’ombre d’un doute, il est au milieu d’un complot de famille. Il décide de mener seul l’enquête. Enquête qui risque bien de l’amener au bord de la psychose, si pas sur la piste d’un faux coupable.

Do you like Hitchcock est appelé à être le premier film d’une série de huit, initiés par Dario Argento. Mais seul celui-ci sera dirigé par le cinéaste transalpin. Marchant ici sur les traces de l’autre grand cinéaste baroque, Brian de Palma, Argento s’amuse à multiplier les références au Maître du Suspense pour les tordre imperceptiblement et se jouer de nos attentes. Le film marque aussi le retour d’un Argento plus stylé après un Card Player, il faut le dire, terriblement décevant.

00H30

ALONE IN THE DARK

SCREENPLAY: Elan Mastai, Michael Roesch & Peter Scheerer based upon : the Atari Video Game entitled : Alone in the dark
CAST: Christian Slater, Tara Reid, Stephan Dorff, Will Sanderson, Frank C. Turner, Mathew Walker, Mark Atcheson, Darren Shahlavi,
Producer: Shawn Williamson
PRODUCTION DESIGNER: Tink
EXECUTIVE PRODUCER: Uwe Boll & Wolfgang Herold
MUSIC: Reinhard Besser, Olivier Lieb, Bernd Wendlandt & Peter Zweier
PHOTO: Mathias Neumann
COSTUME: Maria Livingstone
SPECIAL FX: John Sleep & Geoff D.E. Scott
MAKE-UP: Connie Parker & Lise Kuhr
SET: Corinne Mameli
ART DIRECTOR: Peter Stratford


VERSION: Eng., Bil. ST
COUNTRY: Canada & Germany
YEAR: 2003
Running time: 96
FORMAT: 35mm

Préparation du jour : l’Edouard Carnby sur son lit de tripaille (900 couverts environ). Prenez un bel Indiana Jones adulte. Remplacez son fouet par un gros canon scié et sa chemise délavée par un marcel noir pas trop grand. Laissez-le revenir quelque temps dans un manoir sombre et poussiéreux, avant de le laisser macérer dans son bouillon de cadavres en putréfaction, que vous rehausserez d’un bouquet de monstres apocalyptiques. Laissez mijoter quelques heures et servez. S’accommode parfaitement avec une collègue archéologue féminine. Une Aline Cedrac constitue un mariage idéal.

On le sait, les cartons des studios hollywoodiens grouillent de scénarios tirés de jeux vidéo. Et après une période de douloureux tâtonnements faite de Super Mario Bros et autres Street Fighter (oui, ouille aussi), ils ont enfin trouvé la poule aux œufs d’or avec les adaptations de survival horror, aux ambitions il est vrai nettement plus cinématographiques. Après les deux Resident Evil de Paul W.S. Anderson, c’est au tour du père du genre, Alone in the Dark, à être adapté sur grand écran. Plus précisément, c’est la quatrième et dernière itération du jeu qui trouve aujourd’hui une vie dans les salles. Uwe Boll, autre grand adaptateur de jeu vidéo devant l’éternel (House of the Dead) est aux commandes, et il nous donne exactement ce qu’on lui demande : 96 minutes de défouraillage jouissif, servi par un joli casting (Christian Slater, Tara Reid et Stephen Dorff)

NOVA

18H30

SPIDER FOREST

20H30

A PLACE ON EARTH

SCREENPLAY: Artour Aristakisian & Irina Shubina
CAST: Vitali Khayev, Anna Chernova, Roman Atlasov, Nonna Grishayeva, Inna Verbitskaya, Tatyana Kuznetsova,
Producer: Aleksandr Eliasberg
MUSIC: Robert Wyatt
PHOTO: Grigori Yablochnikov


VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Russia
YEAR: 2004
Running time: 126
FORMAT: Beta SP

Au beau milieu de Moscou vit une communauté squattant un immeuble en voie de destruction. Les habitants du squat y prônent l’amour libre et les enfants y appartiennent à tout le monde. Il y a bien une sorte d’idéologue - ou de gourou, comme on voudra - mais il finira par se castrer, incapable de faire partager sa vision aux autres membres. N’y règne finalement qu’un diktat : celui de la liberté à tout prix, qui doit passer par une pauvreté consentie. Ou non, d’ailleurs…

Dans la catégorie des films à controverse, A Place On Earth tient le haut du pavé. Mais, entendons-nous, il ne s’agit pas, dans le film d’Artur Artistakisian, de cette provocation somme toute un peu veule qui consiste à s’attaquer à un tabou en voie de disparition pour choquer le bourgeois. Si, comme le dit son auteur, A Place on Earth est un film dangereux, c’est qu’il ne demande ni ne doit rien à son spectateur, qu’il tourne ostensiblement le dos à tous les stéréotypes de la représentation cinématographique. Bref, A Place On Earth ne crie pas à chacun de ses plans son besoin d’être aimé ; c’est un film âpre et exigeant, dense et, oui, dangereux pour quiconque y arrive en touriste de la perception.

22H30

CASE FOR A ROOKIE HANGMAN

SCREENPLAY: Pavel Juracek & Jan Schmidt
CAST: Pavel Bosek, Slávka Budínová, Eduard Dubský, Vera Ferbasová, Jirí Hálek, Frantisek Holar, Jirí Hrzán, Jirí Janda, Klára Jerneková, Jirina Jirásková, Ludek Kopriva, Lubomír Kostelka, Zdenek Kryzánek, Pavel landovský, Radovan Lukavský,
Producer:


VERSION: VO st fr / OV fr ond
COUNTRY: CZ
YEAR: 1969
Running time: 102
FORMAT: 35 mm

Considéré comme une oeuvre de choix dans la filmographie de Jurácek, cette satire fantastique et absurde est également un des films les plus importants de la nouvelle vague tchèque. Case For a Rookie Hangman propose une adaptation du troisième tome du Voyage de Gulliver. Le long d'une route ne menant nulle part, Lemuel Gulliver ne peut éviter un accident de voiture provoqué par un lièvre en costume. Alors que le protagoniste regarde l'intérieur de la poche du lapin, il tombe dans la ville de Laputa. Lors de son périple, il sera confronté à une réalité hors du commun: un pays ayant supprimé le mois de novembre (pour raison médicale) et une académie des inventions où chaque membre est silencieux.
Film politique utopique et, en même temps, conte de fées, Case For a Rookie Hangman, interdit peu après sa sortie en salle, a mis un terme à la carrière de Jurácek.

22H30

JOSEF KILIAN

SCREENPLAY: Pavel Jurácek & Jan Schmidt
CAST: Pavel Bartl, Pavel Silhánek, Stanislav Michler,
Producer:


VERSION: VO st fr / OV fr ond
COUNTRY: CZ
YEAR: 1963
Running time: 31
FORMAT: 35 mm
La référence à Kafka est inévitable. Elle l'est d'autant plus quand on sait qu'il arrivait souvent à Kafka d'éclater de rire quand il lisait ses histoires à ses amis, et qu'il se considérait comme un auteur comique. Bien que son thème n'ait rien de drôle au départ : la naissance d'un sentiment d'angoisse et de culpabilité, Josef Kilian est d'abord un film comique. Un quidam est à la recherche de quelqu'un que beaucoup connaissent, mais que personne ne peut localiser. Au cours de ses recherches, il cède à une impulsion soudaine : il loue un chat pour la journée. Cela va l'entraîner dans une aventure d'autant plus horrible qu'aucune de ses péripéties n'a un caractère particulièrement inquiétant. Mais les gestes les plus prosaïques se révèlent chargés de lourdes menaces. À l'époque, le film stupéfia par son insolence envers le régime en place à Prague. Il est remarquable qu'il n'ait rien perdu de sa causticité de nos jours. Juracek et Schmidt se sont rencontrés à la F.A.M.U. Ils ont tourné le film avant d’accomplir leur service militaire

 


 




 

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Publié dans CINEMA

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