Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - 12 MARS 2005
PASSAGE 44
18H30
Drowning Ghost (The)
SCREENPLAY: Mikael & Vasa Håfström
CAST: Jesper Salen, Rebecka Hemse, Jenny Ulving, Peter Eggers, Daniel Larsson, Rebecka Ferguson, Frans Wiklund,
Producer: Hans Lönnerheden
PRODUCTION DESIGNER: Gert Wibe
EXECUTIVE PRODUCER: Kim Magnusson & Hans-Peter Lundh
MUSIC: Anders Ehlin
PHOTO: Peter Mokrosinski
COSTUME: Cilla Rörby
MAKE-UP: Anna Melin
ART DIRECTOR: Gert Wibe
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Sweden
YEAR: 2004
Running time: 100
FORMAT: 35mm
Comme à peu près tous les coins du monde qui n’ont rien d’autre à offrir à leurs habitants qu’un incommensurable ennui, la petite ville suédoise d’Hellestad a sa petite légende urbaine bien à elle : le Fantôme du Noyé. Il y a à peu près un siècle, un fermier du coin a pris sa faux, est descendu à l’école du village et a raccourci trois élèves, avant de se suicider dans le lac voisin. Depuis, tous les ans, il revient traîner sa lame sur le parquet de l’école. Sara, l’une des élèves, a décidé de prendre cette légende comme sujet de dissertation. Au fur et à mesure qu’elle avance dans son travail, d’étranges événements se passent autour d’elle : la directrice s’empresse de la persuader de changer de sujet, un élève disparaît sans laisser de trace et une autre se jette du haut de l’immeuble pour aller s’encastrer dans le béton de la cour de récréation. Elle aurait pas pu disserter sur le Protocole de Kyoto, comme tout le monde, non ?
Le slasher est un genre auquel on ne demande finalement pas grand-chose : une efficacité infaillible, une once d’originalité, une technique honorable et des acteurs suffisamment bons pour tenir jusqu’à ce que leur numéro soit appelé par le tueur de service. Il peut bien y avoir de l’humour et un embryon de discours en bonus, mais les faits sont là : tout le reste est superflu. Mais surtout, surtout, la règle d’or c’est : ne pas tenter de se faire plus intelligent que le scénario. C’est ce qu’a bien compris Mikael Hafström qui livre ici un film qui réussit merveilleusement son office : nous divertir en nous faisant frissonner.
20H30
Saw
SCREENPLAY: Leigh Whannell
CAST: Cary Elwes, Monica Potter, Danny Glover, Makenzie Vega, Leigh Whannell, Ken Leung, Dina Meyer, Mike Butters,
Producer: Gregg Hoffman, Mark Burg & Oren Koules
PRODUCTION DESIGNER: Julie Berghoff
EXECUTIVE PRODUCER: Peter Block, Jason Constantine & Stacey Testro
MUSIC: Charlie Clouser
PHOTO: David A. Armstrong
COSTUME: Jennifer L. Soulages
SPECIAL FX: Joshua D. Comen
MAKE-UP: Eleonora Sabaduquia
ART DIRECTOR: Nanet Harty
VERSION: O., Bil. ST
COUNTRY: U.S.A.
YEAR: 2004
Running time: 100
FORMAT: 35mm
Il y a des jours où, franchement, on préférerait ne pas s’être réveillé. Surtout quand on ne se retrouve pas dans son lit. Mais alors, quand c’est enchaîné au fond de la baignoire crasseuse d’une salle de bain désaffectée, accompagné d’un inconnu attaché à l’autre bout de la pièce et d’un cadavre pataugeant dans son propre sang, qu’on ouvre les yeux, on se dit que, décidément, cette journée ne va pas finir dans les cotillons. Histoire de plomber encore un peu plus une ambiance qui n’en avait pas vraiment besoin, le kidnappeur des deux hommes leur apprend que, pour survivre, l’un d’eux devra tuer l’autre dans les quatre heures !
Construire un bon thriller, de ceux qui arrivent à nous tenir en haleine jusqu’à sa dernière minute, est un art quasi-culinaire. Il faut savoir distiller les ingrédients au bon moment et ne jamais trop forcer sur les épices. De ce point de vue-là, Saw, même s’il fait plutôt dans le plat de brasserie que dans la nouvelle cuisine, est un mets de chef : scénario en béton armé, technique irréprochable, interprétation impeccable (Cary Elwes, Danny Glover, Monica Potter au générique), retournements de situation dignes d’un Se7en ; Saw n’a décidément rien à envier à ses semblables issus des grands studios.
22H30
Ghost (The)
SCREENPLAY: Tae-kyung Kim
CAST: Ha-neul Kim, Jin Ryu, Sang-mi Nam, Hye-bin Jeon, Lee Shin, Yoon-ji Lee, Hee-ju Jeon,
Producer: Oh-young Jung & Sung-ku Han
PRODUCTION DESIGNER: Hong-sam Yang
EXECUTIVE PRODUCER: Wan Choi & Sung-gu Han
MUSIC: Pinocchio (Wan-hee Choi)
PHOTO: Yong-sik Moon
COSTUME: Yoo-jin Kim
SPECIAL FX: Future Vision
MAKE-UP: Yeon-young Yang
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: South Korea
YEAR: 2004
Running time: 98
FORMAT: 35mm
Depuis que Ji-won a repris ses cours de sociologie à l’Université, on retrouve les corps de ses condisciples dans des flaques d’eau. Toutes ces morts semblent liées au passé de la jeune femme. Mais, suite à un traumatisme, le cerveau de Ji-won se révèle aussi vide qu’après une soirée passée devant TF1. Les seuls indices qui pourraient la mener sur une piste sont des cauchemars qu’elle n’arrive pas à déchiffrer, et des visions violentes qui l’assaillent de plus en plus régulièrement. Or, vu que la courbe démographique de l’Université continue à connaître une baisse dramatique, Ji-won sent que son nom s’approche dangereusement du haut de la liste du tueur.
Avec un titre pareil, inutile de vous faire croire que The Ghost signe le retour tant attendu du péplum mythologique italien, avec barbus musculeux en slip et rochers en frigolite. C’est bien à un film de fantôme asiatique, comme on en a vu des pelletées ces dernières années que nous convie Kim Tae-kyung. Pourtant, on aurait tort de faire la fine bouche car, si les filles en blanc à longs cheveux noirs peuplent bien le film, Kim y insuffle tout de même son lot d’idées originales qui font de sa première réalisation une œuvre digne d’intérêt pour tout fantasticophile consciencieux.
00H30
Three ... Extremes
SCREENPLAY: Lilian Lee (Dumplings), Chan-wook Park (Cut) & Haruko Fukushima (Box) based upon : an original novella by Lilian Lee (Dumplings)
CAST: Byung-hun Lee, Won-hee Lim (Cut), Atsuro Watanabe, Kyoko Hasegawa (Box), Miriam Yeung, Bai Ling (Dumplings),
Producer: Naoki Sato, Shun Shimizu, Fumio Inoue (Box), Peter Ho-Sun Chan (Dumplings) & Soo-hyun Ahn (Cut)
PRODUCTION DESIGNER: Takashi Sasaki (Box), Seong-hee Yoo (Cut) & Chung-man Yee (Dumplings)
EXECUTIVE PRODUCER: Kazuo Kuroi (Box), Jung-wan Oh, Eu-gene Lee, Dong-ho Park, & Pyung-ho Choi (Cut)
MUSIC: Kouji Endo (Box), Peach (Cut) & Kwong-wing Chan (Dumplings)
PHOTO: Koichi Kawakami (Box), Chung-hoon Chung (Cut) & Christopher Dolye (Dumplings)
COSTUME: Tomoko Yasuno (Box) & Dora Ng (Dumplings)
SPECIAL FX: Chun-hung Siu (Dumplings)
MAKE-UP: Isao Tsuge (Box)
ART DIRECTOR: Pater Wong (Dumplings)
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Hong Kong S.A.R. / Japan / South Korea
YEAR: 2004
Running time: 125
FORMAT: 35mm
Box : Ecrivain vivant en recluse depuis la mort de sa sœur jumelle, Kyoko trouve un jour chez elle un bouquet de fleurs et une invitation sur laquelle ne figurent que la date et le lieu : l’endroit où sa sœur a trouvé la mort.
Dumplings : La carrière de Qing, actrice réputée mais un rien faisandée, commence a connaître une sérieuse baisse de régime. Même son mari commence à s’en détourner. Quand elle entend parler d’une nouvelle recette miracle pour retrouver sa jeunesse : le dim-sum farci au fœtus.
Cut : Un jour qu’il rentre d’une journée de tournage, Ji-ho Ryu trouve chez lui l’un de ses admirateurs. Or, celui-ci n’est pas venu chercher un autographe, mais une vengeance. Il propose à Ji-ho un petit jeu : soit il tue de ses propres mains un enfant, soit il regarde sa femme se faire mutiler, morceau par morceau.
Certes, le titre de cette nouvelle série de courts métrages issus de trois nouveaux grands noms du cinéma asiatique n’a pas usurpé son titre. Mais l’aspect extrême ne se retrouve pas toujours là où on l’attend. Ainsi, là où on pouvait prévoir un Miike à la violence exacerbée, l’auteur livre un film assez contemplatif, tirant jusqu’au bord de l’éclatement sur une même tonalité. De son côté, Fruit Chan (Made in HongKong, Public Toilet) livre une horreur délicate comme un plat fin - où excelle encore la photo de Christopher Doyle -, tandis que Park-chan Wook (Old Boy) propose finalement le film le plus prévisible, c'est-à-dire insoutenable et sophistiqué.
NOVA
16H30
Piep Piper (The)
SCREENPLAY: Kamil Pixa
CAST:
Producer:
VERSION: sans dial / zonder dial
COUNTRY: CZ
YEAR: 1985
Running time: 55
FORMAT: 35 mm
Pour ce projet très audacieux s'inscrivant dans la lignée des films d'animation tchèques, Barta s'est inspiré d'une légende allemande très connue. De texture expressionniste, Le Joueur de flûte dépeint métaphoriquement les travers de la société matérialiste. Chaque caractère est défini par la facture de sa marionnette et un thème musical. La bande originale, pour le moins cacophonique, amplifie l'atmosphère corrompue de la ville. A l'exception du narrateur de la scène d'exposition, tous les personnages s'expriment selon un langage imaginaire, ce qui ajoute à la déshumanisation des citadins la dimension universelle du film. Ce drame médiéval propose également un aperçu de différentes techniques telles que la peinture à l'huile, les marionnettes, en montage parallèle avec des rats vivants. En quelques mots, ce film est un chef-d’œuvre du genre, dont se délecteront petits et grands.
16H30
Hand (The)
SCREENPLAY: Jiri Trnka
CAST: ,
Producer:
VERSION: sans dial / zond dial
COUNTRY: CZ
YEAR: 1965
Running time: 19
FORMAT: 35 mm
Pionnier du cinéma d'animation tchécoslovaque, Trnka a développé une esthétique particulière à partir de son travail de peintre et d'illustrateur. Parabole poétique de la liberté humaine bafouée, la main (sorte d'apparition soldatesque) paralyse l'inspiration artistique d'un artisan céramiste, le réduisant à ériger un monument à sa gloire. Ce court-métrage, muet et magnifiquement orchestré, propulse le spectateur dans une réalité étouffante, caustique, drôle et bouleversante. En dehors d'une lecture politique, Trnka propose un univers enchanteur qui ne manquera pas d'impressionner les plus jeunes.
18H30
CONTROL
20H30
HELLEVATOR
SCREENPLAY: Hiroki Yamaguchi
CAST: Luchino Fujisaki, Ikuma Saisho, Masato Tsujioka, Kae Minami, Ryousuke Koshiba, Yuko Takarada, Kouji Yokokowa, Keisuke Urushizaki,
Producer: Hideo Nishimura
PHOTO: Hikaru Yasuda
SPECIAL FX: Manabu Sato & Nozomu Shimagiri
ART DIRECTOR: Tadaya Miyashita
VERSION: O., Eng. ST
COUNTRY: Japan
YEAR: 2003
Running time: 96
FORMAT: Beta Sp
Au point où elle en est, Luchino ne sèche plus ses cours, elle les lyophilise. Cela fait des mois que son uniforme scolaire prend copieusement la poussière. Aujourd’hui pourtant, elle se décide à rappeler les bancs de son école aux bons souvenirs de son fessier et se prépare donc à prendre l’ascenseur qui l’amènera au quartier des études. Car Luchino vit dans un monde souterrain où chaque étage correspond à un quartier particulier. Sauf que ce n’est pas encore aujourd’hui qu’elle retrouvera ses ex-camarades de classe, puisque l’ascenseur où elle est embarquée se retrouve bloqué au 99ème étage, celui des prisons de haute sécurité !
Produit dans les plus strictes conditions de l’indépendance - décor de récupération, acteurs non rémunérés et 4 ans de production au compteur - Hellevator est un vrai petit tour de force. Le film de Hiroki Yamaguchi réussit en effet à installer une atmosphère et nous dévoile un univers de pure science-fiction en restant presque exclusivement confiné dans un décor unique. Mélangeant une S-F sociale très référencée (on pense à Metropolis, bien sûr, et à THX 1138) et des éléments de fantastique puis d’horreur, Hellevator dévoile une esthétique proche du manga et nous révèle un nouveau nom à ajouter à la déjà bien longue liste des cinéastes qui font le fantastique nippon.
22H30
THE SILVER GLOBE
SCREENPLAY: Andrzej Zulawski
CAST: Andrzej Seweryn, Jerzy Trela, Iwona Bielska, Jerzy Gralek, Elzbieta Karkoszka, Krystyna Janda, Andrzej Lubicz-Piotrowski, Jan Frycz, Wieslaw Komasa,
Producer: Jan Wlodarczyk, Ryszard Barski, Tadeusz Lampka
PHOTO: Andrzej Jaroszewicz
VERSION: VO st fr / OV fr ond
COUNTRY: Poland
YEAR: 1988
Running time: 157
FORMAT: 35 mm
Film de science-fiction considéré comme l'expérience visuelle la plus audacieuse dans l’œuvre de Zulawski, The Silver Globe est aussi un film maudit pour l'auteur, puisque sa production commencée en 1976 est brutalement interrompue sur la fin du tournage par la censure. Ce n'est qu'en 1987 qu'on l'autorise à en terminer le montage. Basé sur l’œuvre romancée de Jerzy Zulawski, la narration suit, en trois périodes, l'expérience fondatrice d'une société humaine sur le côté sombre de la lune. Une première partie filmée comme un journal vidéo suit les pionniers, une équipe de cosmonautes fuyant la terre à la recherche d'une vie meilleure. Mais à mesure que les anciens meurent, la société dégénère. La partie centrale raconte l'histoire tragique du soulèvement des humains mené par un messie-cosmonaute contre les surpuissantes créatures-oiseaux. Le climat de guerre hystérique est renforcé par des images fortement déformées et les mouvements de la caméra, superbement aérienne. La dernière partie, qui a le plus souffert de l'interruption du tournage, est constituée d'un flashback remontant aux temps difficiles des cosmonautes sur la terre...