Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - 23 MARS 2005
AUDITORIUM 44
16H30
GARUDA
SCREENPLAY: Monthon Arayangkoon
CAST: Sornram Theappitak, Sara Legge, Daniel B. Fraser, Piroj Sungvoributr, Yani Tramod, Chalad Na Songkla, Piya Vimuktayon,
Producer: Monthon Arayangkoon & Pawnee Wichayapongkul
EXECUTIVE PRODUCER: Kriengkai Chetchotisak & Surachai Chetchotisak
PHOTO: Jiradech Samnangsanor
COSTUME: Surapong Pasatsakulchai
ART DIRECTOR: Worrawut Nguenkong
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Thailand
YEAR: 2004
Running time: 106
FORMAT: 35mm
Ils ont beau faire les malins, avec leurs théories modernes de l’évolution, il n’empêche que Bruno Coppens et ses collègues ont tout faux. Le véritable maître du règne animal préhistorique, celui dont même les Tyrannosaures venaient lécher la serre dans un respect craintif, c’est le Garuda, oiseau monstrueux dominant les Terres et les Airs, et dont les Thaï ont fait une figure mythologique assimilée au pouvoir Royal. Le Dr. Pierre, archéologue réputé, a fait de la découverte d’un squelette de Garuda le but ultime de sa carrière. Ce n’est pourtant que 29 ans après sa mort que sa fille, Lena, découvrira l’animal mythique. Mieux encore, c’est un spécimen vivant qui sera déterré du sous-sol de Bangkok !
Premier film thaï à s’attaquer au genre kaïju (film de monstres) si cher aux Japonais, Garuda est aussi la première réalisation du pays à user d’effets spéciaux digitaux, tout à fait digne des productions internationales. Le monstre-titre est l’un des symboles de la Thaïlande et est représenté sur les billets de banque ainsi que sur les armoiries de la famille royale. Si bien qu’à sa sortie, bien qu’ayant connu un gros succès au box-office, le film de Monton Arayangkoon s’est attiré les foudres de quelques nationalistes pointilleux, voyant d’un assez mauvais œil leur symbole transformé en clone de Godzilla.
18H30
JACQUELINE HYDE
SCREENPLAY: Rolfe Kanefsky based upon : Robert Louis Stevenson's The Strange Case of Dr. Jekyll & Mr. Hyde
CAST: Blythe Metz, Gabriella Hall, Jeremy Ordaz, Rebekah Ellis, James Ferris, Eva Derrek, Del Willis,
Producer: Gabriella Hall & Rolfe Kanefsky
MUSIC: Christopher Farrel
PHOTO: Paul Deng
COSTUME: Stacy Ekstein
SPECIAL FX: Obscure Artifacts
MAKE-UP: Diane Mayo
ART DIRECTOR: Glenn Schwartz
VERSION: O., Bil. ST
COUNTRY: U.S.A.
YEAR: 2004
Running time: 94
FORMAT: Beta Sp
Jackie Hyde est ce que le macho de base appellerait – attention, langage technique – un irrécupérable trumeau. Télévendeuse timide, elle n’a plus eu de contact physique avec un homme depuis la dernière fois où elle a pris le métro en heure de pointe. Un jour, elle apprend qu’elle hérite de la villa d’un vieil oncle lointain. Celui-ci, savant incompris, développait dans sa cave une potion capable de transformer le corps humain à volonté. Potion qui ne tardera pas à se retrouver au fond de la gorge de Jackie, ce qui lui permet d’enfin s’offrir de quoi mettre la bave aux lèvres du macho susmentionné : mensurations à inspirer un nouveau théorème à Pythagore, poitrine à affoler l’alphabet des bonnets de soutifs ou encore orgasmes dignes d’une production Private. Mais, très vite, la Jacqueline qui sommeillait en Jackie prend le dessus et est prête à tout pour ne plus retourner dans le coin d’inconscient où elle croupissait.
Cela fait maintenant quinze ans que Rolfe Kanefsky officie dans le film d’horreur qui se déguste avec un pack de bières sur les genoux. Travaillant un temps pour Corman (You Only Live Until You Die, parodie de James Bond, ou The Erotic Adventures of The Invisible Man), Kanefsky s’est fait une spécialité du film compensant ses pauvres moyens par une poignée de filles en maillot de bain et un humour adolescent. Mais là où Troma a fini par lasser en tombant dans la rigolade pétomane, Kanefsky préfère rire de son manque de moyens et d’un certain non-sens. Surtout, il n’oublie pas l’unique bon goût qu’on lui demande : ne pas laisser son scénario en chemin.
20H30
ABNORMAL BEAUTY
SCREENPLAY: Oxide Pang & Curran Pang
CAST: Race Wong, Rosanne Wong, Anson Leung,
Producer: Pang Brothers
EXECUTIVE PRODUCER: Daneil Lam
MUSIC: Payont Permsith
PHOTO: Decha Srimantra
COSTUME: Surasak Warakijcharoen
SPECIAL FX: Post Bangkok Ltd
MAKE-UP: Somchoke Charoenchotisub
SET: Bandid Pacamon
ART DIRECTOR: Siranat Ratchusanti
VERSION: O., Bil. & Eng. ST
COUNTRY: Hong Kong S.A.R. / Thaïland
YEAR: 2004
Running time: 98
FORMAT: 35mm
Belle comme une couverture de FHM, Jiney fait flasher tous ses collègues de lycée. Mais Jiney, elle, s’en fout. Tout d’abord, parce qu’elle ne pense qu’à prendre des photos. Et ensuite parce qu’elle passe le plus clair de son temps avec Jasmine, avec laquelle elle ne partage pas que sa passion pour la photographie. Bien que courtisée par tous les galeristes de la ville, Jiney n’est pourtant pas satisfaite de ses œuvres. Elle sent qu’elle n’a pas encore trouvé son sujet de prédilection. Jusqu’au jour où, tombant sur la scène d’un accident de voiture, elle sort instinctivement son appareil et se met à mitrailler les victimes, excitée comme un hooligan un soir de match. Cette fois, elle l’a trouvé, son sujet : la nature morte, humaine de préférence.
Résurrecteurs du cinéma de genre Thaï, les frères Pang sont revenus à Hong-Kong couronnés de lauriers. Ce qui leur permet, au sein d’un cinéma certes éminemment commercial, de continuer à développer leur univers. Car si Abnormal Beauty répond bien aux codes du genre, il s’offre aussi comme une réflexion plus profonde qu’il n’y paraît sur l’image et la responsabilité. Le style Pang trouve de plus ici un sujet qui lui permet de s’épanouir, et qui fera facilement ravaler leurs critiques à tous ceux qui n’y voyaient qu’un cinéma superficiel
22H30
CASSHERN
SCREENPLAY: Kazuaki Kiriya, Shotaro Suga & Dai Saito based upon :animated Tv Series : Shinzo Ningen Casshern
CAST: Yusuke Iseya, Kumiko Aso, Toshiaki Karasawa, Akira Terao, Hidetoshi Nishijima, Kanako Higuchi, Fumiyo Kohinata, Hiroyuki Miyasako,
Producer: Hideshi Miyajima, Toshiaki Wakabayashi & Toshiharu Ozawa
PRODUCTION DESIGNER: Yuji Hayashida
EXECUTIVE PRODUCER: Yuji Hayashida
MUSIC: Shiro Sagisu
PHOTO: Kazuaki Kiriya
COSTUME: Michiko Kitamura
VERSION: Eng., Bil. ST
COUNTRY: Japan
YEAR: 2004
Running time: 142
FORMAT: 35mm
Ah, la guerre ! Quoi de plus beau qu’un obus qui pète au milieu d’une foule de civils ? Quoi de plus émouvant qu’un soldat criblé de balles, gargouillant le nom de sa mère en nageant dans son propre sang ? Quoi de plus poétique qu’un ennemi tartiné sur le tarmac par la chenille d’un char d’assaut ? Nos descendants ont bien de la chance, eux qui ne connaissent que ce monde idéal surpollué, grouillant de mechas rutilants, d’androïdes et de mutants qui ne servent que de chair à canon. Un monde où les soldats sont créés en laboratoire pour devenir des bêtes de guerre biomécaniques, capables de résister aux attaques bactériologiques, et avec une seule idée en tête : tout détruire sur leur passage. Sauf qu’on a oublié un détail : leur dire qui était le patron…
Kazuaki Kiriya, qui signe ici son premier long-métrage après une tripotée de clips et de courts métrages, s’est entouré d’une véritable Dream Team de spécialistes de l’animation et du design pour mener à bien cette adaptation d’une obscure série animée des années ‘70. Et le résultat est saisissant : saga rétro-futuriste empruntant son style à l’art visuel du début du 20e siècle, Casshern est un coup de maître esthétique monté sur une intrigue époustouflante. Maîtrisé de bout en bout, le film réussit à ne jamais sombrer dans le décoratif chichiteux.
NOVA
18H30
JELLY DOLLY
20H30
INNOCENCE
SCREENPLAY: Lucile Hadzihalilovic
CAST: Hélène De Fougerolles, Marion Cottilard, Bérangère Haubruges, Zoé Auclair, Lea Bridarolli,
Producer: Patrick Sobelman
PRODUCTION DESIGNER: Arnaud de Moleron
MUSIC: Leos Janacek, Sergei Prokovief, Pietro Galli & Richard Cooke
PHOTO: Benoît Debie
SPECIAL FX: Giles Livesey & David Tomaszewski
VERSION: Fr., Eng. ST
COUNTRY: U.K., France & Belgium
YEAR: 2004
Running time: 115
Un ruban violet vient d’être lancé dans le grand monde. Il est donc temps de sortir un nouveau ruban jaune de son cercueil. Ce sera la petite Iris qui, comme le veut la tradition, sera placée sous la tutelle de Bianca, le nouveau ruban violet du groupe, qui lui apprendra les règles qui régissent l’établissement. Jeune et curieuse, la petite Iris veut pourtant très vite connaître tous les secrets de l’école qui lui restent cachés. Notamment, où va Bianca, seule, une fois la nuit tombée ? Mais, tout cela, Iris l’apprendra en temps voulu, quand elle aussi sera devenue un ruban violet. D’ici-là, il lui faut suivre les cours dispensés par l’école : danse classique et biologie reproductive. C’est tout ? Oui, c’est tout, mais c’est finalement bien assez pour former une bonne pond…, pardon une bonne femme du monde.
Avec deux films en 10 ans, on ne peut pas dire que Lucille Hadzihalilovic soit une cinéaste prolixe. Pourtant, elle s’est déjà constituée un univers très personnel. Après La Bouche de Jean-Pierre, elle continue d’explorer la sexualité féminine avec ce conte élégiaque et mystérieux sur l’éducation des jeunes filles aux choses de l’amour. Sauf qu’ici, on ne parle ni d’amour ni de sexe, et aucune trace de révolte ne vient troubler les journées de cette institution d’un autre siècle. Tout se passe comme si l’éducation de ces fillettes découlait d’une sorte de naturel presque animalier.
22H30
THE HOUR GLASS SANATORIUM
SCREENPLAY: Wojciech Has
CAST: ,
Producer:
VERSION: VO st ang/ OV eng ond
COUNTRY: Poland
YEAR: 1973
Running time: 124
FORMAT: 35 mm
Le film débute lorsque Józef arrive au Sanatorium "la Clepsydre" où se trouve son père mort, quoique maintenu en vie mais transféré dans une autre dimension temporelle. A l'intérieur de cet endroit inquiétant, perdu dans la campagne polonaise détruite par la guerre, Jozef fait revivre un autre temps. Surgissent alors des scènes où se mêlent luxure, sorcellerie et culture juive. Telle une Alice, il nous fait traverser ces fantasmagories jusqu'à la perte des repères. Les décors et les personnages (mannequins empaillés revenant à la vie, putes de tout bord, docteur fou, soldats africains, aristocrates et savants déchus…) éclairés de lumières bleuies, sombres, irréelles créent un univers de folie où montres et calendriers s'oublient et où les époques se rejoignent pour former une allégorie d'une après-holocauste difficile. A cette référence historique se joint celle de la vie de Jozef, aux ambitions de démiurge impuissant, qui veut dépasser l'autorité de son père, rivaliser en amour, et tout sauver de la décadence. Adaptation du Sanatorium au croque-mort, de Bruno Schulz, qualifiée de chef-d’œuvre absolu par la critique, La Clepsydre est connu comme étant le film le plus abouti de W. Has, sculpteur de temps et réalisateur clé de l'histoire cinématographique polonaise. "L'un des films polonais les plus beaux visuellement et les plus originaux. C'est une réflexion poétique au sujet du temps passé et du caractère irréversible de la mort. Has évoque sur l'écran le rêve universel, incrusté de brins de souvenirs d'enfance, dans lequel différents éléments se sont mélangés: L’Autriche-Hongrie, la sous-culture des petites villes juives de l'est de la Pologne et les rêves d'un petit garçon." (Jan Slodowski [dans: ] Dictionnaire des films polonais, Varsovie 1997). Le film a reçu le Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes en 1973.