MISERY - Le Roman - Le Film

Publié le par Laurent Derudder

Annie Wilkes est cinglée, mais Paul Sheldon, l'auteur à succès des aventures de Misery Chastain, a besoin d'elle depuis son accident de voiture. Car Annie l'a ramassé sur le bord de la route, puis séquestré et mutilé. Une occasion inespérée pour elle de manipuler son écrivain fétiche à sa guise. Ressusciter Misery qu'il a fait mourir dans un épisode précédent, ou être exécuté par sa geôlière : voilà à quel dilemme Paul est désormais confronté. '

Mais ce n'est pas tout. S'il redonne trop vite corps à son héroïne préférée, Annie sera tentée de se débarrasser de lui dès qu'il aura achevé le manuscrit. Et s'il fait traîner l'intrigue, de rage, elle pourrait le supprimer ! Un huis clos insoutenable où l'imagination, la folie et l'absurde cohabitent à merveille

Fort, violent, horrible, délicieusement capable de vous donner des frissons dans le dos. Ce sont là des adjectifs qui collent à Misery, roman où Paul Sheldon, romancier à succès, se fait séquestrer par une admiratrice qui lui en veut d'avoir tué l'héroïne de ses oeuvres.

Mais là où Stephen King fait spécialement fort, c'est que ce roman ne doit strictement rien aux ressorts du fantastique, du merveilleux ou de la science-fiction. D'un bout à l'autre, tout pourrait arriver dans la réalité. Tout est vraisemblable. Ca donne le frisson... et de la part de l'auteur américain, c'est fortiche.

LE FILM

Le sixième film de Rob Reiner ne ressemble à aucun de ses prédécesseurs ; qui ne se ressemblaient déjà pas entre eux – quoi de commun en effet entre le conte loufoque Princess Bride et la formidable comédie sentimentale au accents alleniens Quand Harry rencontre Sally ? Avec Misery, Rob Reiner adapte de nouveau Stephen King, après la magnifique chronique adolescente douce-amère Stand By Me. Pour un genre délicat : le film d'angoisse. Là encore, un sans-faute. Fonctionnant sur un principe dramaturgique élémentaire mais efficace – la confrontation, dans une maison isolée, entre un écrivain immobilisé par des fractures aux jambes et une infirmière, groupie numéro un de l'auteur –, le film, d'abord étouffant et claustrophobe, se transforme peu à peu en un diabolique jeu du chat et de la souris. N'ayant rien oublié des leçons d'Hitchcock, le cinéaste distille ses effets au gré des humeurs de l'infirmière, et crée un climat d'angoisse qui met les nerfs à rude épreuve. Au-delà d'un genre dont il a parfaitement maîtrisé les codes, le réalisateur de Des hommes d'honneur nous offre également une étrange parabole sur les affres d'un créateur, à la fois auteur et victime de son propre univers. Ce qui rend le film encore plus passionnant. Sur un scénario très efficace de William Goldmann – déjà responsable de L'Arnaque et de Marathon Man –, le film marque le retour d'un James Caan – Rollerball, Le Parrain – étonnant dans le rôle de l'écrivain, et révèle une impressionnante actrice : Kathy Bates, dans un rôle pour lequel elle décroche l'oscar de la meilleure actrice en 1991. Et si après ça vous voulez toujours devenir écrivain

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